Travailler en Norvège, je ne l’avais pas prévu. En 2008, au retour de mon premier voyage, je me suis souvenu de Kaller, un Suédois croisé dans un bus entre Siem Reap et Bangkok : il travaillait quatre mois par an sur la côte norvégienne pour voyager les huit autres. Un échange de mails plus tard, il me pistonnait pour une saison dans une usine de poisson à Måløy.
J’y ai enchaîné plusieurs saisons chez Maaløy Seafood, à emballer le poisson que les bateaux venaient décharger, puis j’ai franchi le pas : pêcheur, pour des campagnes de six à huit semaines en mer, jusqu’en mer de Barents. Des boulots durs, mais des salaires sans commune mesure avec ceux de la France, qui m’ont permis de voyager longtemps.
Vous trouverez ici tout ce que j’ai appris : trouver un job saisonnier dans l’industrie de la pêche, ce que l’on gagne vraiment, devenir pêcheur et faire les démarches pour s’installer. Pour découvrir le pays lui-même, rendez-vous sur ma page consacrée à la Norvège.
Questions fréquentes
Comment devenir pêcheur en Norvège ?
Il n’y a pas de recette miracle : il faut des contacts sur place et beaucoup de motivation, car un capitaine ne prendra pas un débutant pour six à huit semaines en mer sans recommandation. Le plus simple est de décrocher d’abord un job saisonnier dans l’industrie de la pêche, de passer le cours de sécurité et le certificat médical, puis de faire le tour des compagnies de pêche et de relancer.
Comment et quand trouver un job saisonnier dans la pêche en Norvège ?
Le plus efficace reste de contacter directement les usines avant la saison et de consulter les offres de NAV, de FINN et d’EURES. Il y a deux grandes saisons : le maquereau et le hareng, de la fin de l’été à l’hiver, dans les usines de la côte ouest comme à Måløy, puis le cabillaud, de janvier à avril, aux Lofoten et dans le nord. Les offres paraissent des mois à l’avance : postulez tôt. Sur place, se présenter au culot et être disponible tout de suite fait souvent la différence.
Combien gagne-t-on en travaillant dans une usine de poisson en Norvège ?
Depuis mai 2026, le minimum de la convention collective de l’industrie du poisson est de 236 couronnes de l’heure pour un ouvrier de production, soit environ 20 €, avant les heures supplémentaires et les primes de nuit. À mon époque, je touchais environ 15 € de l’heure, près du double du SMIC français d’alors.
Combien gagne un pêcheur en Norvège ?
Les pêcheurs sont payés à la part : une fois les frais déduits, la valeur des prises est partagée entre le bateau et l’équipage selon le poste de chacun. Sur un palangrier, un membre d’équipage a touché en moyenne 920 000 couronnes brutes en 2024 (environ 85 000 €), tous postes confondus, d’après la direction norvégienne des pêches ; tout dépend du bateau, des quotas et du prix du poisson. Les chalutiers paient davantage, mais sans un solide réseau et des recommandations, y décrocher une place est quasiment impossible.
Faut-il parler norvégien pour travailler en Norvège ?
Pas forcément : dans les usines et sur les bateaux de pêche, l’anglais suffit, car les équipes viennent des quatre coins du monde. Le norvégien devient vite utile pour s’installer, se faire des amis et décrocher un emploi plus qualifié.
Peut-on travailler dans une ferme en Norvège ?
Oui, la cueillette des fraises et les autres récoltes recrutent chaque été des saisonniers, souvent étrangers. Je ne connais pour ma part que le secteur de la pêche, mais les démarches sont les mêmes : un enregistrement pour les Européens, un permis saisonnier pour les autres.